On parle souvent de flux migratoires comme on parle de flux de données. Mais que de différences ! D’un côté des individus – hommes, femmes, enfants – qui fuient, souvent au péril de leur vie, des conditions de vie devenues inhumaines et dangereuses. De l’autre, des chiffres, des images, des « infos », dont l’abondance nous submerge.

L’image du migrant connecté, un téléphone portable en poche et les yeux rivés sur les réseaux sociaux et autres applications numériques, a émergé à l’été 2015, date à laquelle le cap du million de migrants arrivés en Europe a été franchi. La même année 2015 Facebook passait le cap de 1 milliard d’utilisateurs actifs par jour, et le chiffre d’affaires de Google celui des 75 milliards de dollars !

C’est grâce aux téléphones portables et à leurs multiples applications que les migrants trouvent des renseignements sur leurs longs et périlleux parcours vers l’Europe et qu’ils restent en contact avec leurs familles lointaines.

Moyen de survie, mais aussi moyen de contrôle, puisque qu’avec le cryptage des applications tout laisse des traces. Et cette « extorsion de données personnelles », exploitable par des algorithmes, rapporte gros aux plateformes numériques qui en tirent profit, principalement avec la publicité.

Véritable dynamique de mise en réseau, la technologie numérique sert aussi à informer, comme ces blogs en temps réels de personnes fuyant leurs pays, ou ces témoignages sur leurs parcours que laissent ceux qui sont arrivés à ceux qui s’apprêtent à partir.

Thématique complexe, les e-migrations évoquent aussi le foisonnement des traces laissées à chaque clic et à chaque « J’aime » dans l’espace du web. Toutes ces informations personnelles migrent elles aussi, et, fort lucratives, elles sont récupérées et exploitées pour le profit des grandes plateformes numériques commerciales.

Ce thème peut également renvoyer au passage d’un univers à un autre, comme le passage du papier au numérique, de l’individuel au réseau ou plus généralement d’un monde matériel à un monde immatériel.

 

Belle participation des élèves genevois à la projection du film #My Escape,
lundi 13 novembre 2017 au Centre de Geisendorf !
Merci à Cristina del Biaggio et à Claudio Recupero pour leur participation.

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